2010 : nouvelle année pour se réinventer ?

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Chaque début d’année est propice aux traditions et aux bonnes résolutions. Outres les vœux adressés ci et là aux proches, le fameux « bilan de fin d’exercice » (terme que j’emprunte volontiers à nos ami(e)s comptables) relève presque du rituel. Chacun ira de sa propre analyse, moi y compris. Ce qui, au fond, participe à une meilleure lecture d’une année 2009 fort bien remplie. Sur fond latent de crise économique, souvenez-vous de :

 

La tentative de régulation de la finance mondiale : après un G20 fin 2008 plutôt ambitieux (audacieux ?), tout ou presque fut initié afin de tenter de mettre un peu d’ordre au sein de ce qui reste, pour beaucoup, comme les responsables de la crise des subprimes. Ayant ainsi toute la légitimité nécessaire, le gouvernement français est ainsi parti en croisade contre les paradis fiscaux (avec l’appui de l’Allemagne), les hedges funds ou encore les fameux bonus des traders pour ne citer qu’eux. Avec les résultats que l’on connait aujourd’hui. Et je ne parle même pas de l’harmonisation des normes comptables ou des pratiques de rémunération des dirigeants de banques !

 

L’envolée du dollar et des matières premières : gagnant plus de 5,50% sur l’ensemble de l’année 2009, le billet vert reste encore aujourd’hui au centre de toutes les préoccupations. Face à une Banque Fédérale américaine sourde aux appels de ses partenaires internationaux, la chute du dollar a ainsi entrainé à la hausse le prix des matières premières : environ 10% pour le baril de pétrole et pas moins de 30% pour l’or. [Pour plus d’infos, cf. « Envolée du dollar : ennemi de la croissance »]

 

La baisse des taux directeurs : à situation exceptionnelle, réaction exceptionnelle. Tandis que les Etats volent au secours des ménages et des entreprises (notamment financières) à coups de plans de relance, les banques centrales jouent leur meilleure carte sans commune mesure. Dégainant la première fin 2008, la FED abaisse son taux directeur à presque 0% ! De l’argent gratuit ou presque, afin de relancer l’économie américaine en berne. Bruxelles n'est pas allé jusque là mais proposa malgré tout un taux très attractif : avec un seuil historique de 1% maintenu depuis désormais 8 mois, il est très probable que la liquidité reste abondante au sein de la zone euro pour plusieurs mois encore.

 

Le remboursement des prêts étatiques des banques françaises : BNP Paribas d’abord en octobre, puis la Société Générale en novembre, suivie par le Crédit Agricole. Le tout en l’espace d’une quinzaine de jours seulement. De son côté, le groupe BPCE (Banque Populaire – Caisse d’Epargne) entend bien achever le remboursement anticipé avant la fin de l’année (2010 donc). Reste Dexia qui, au vu de sa situation, est dans l’incapacité de se priver des aides étatiques. Des remboursements rapides puisqu’intervenus un an environ après lesdits emprunts.

 

L’essor fulgurant du marché des actions : après la déculottée subie en 2008 (chute de plus de 40%), le CAC40 a su reprendre de belles couleurs en 2009 sitôt la tempête passée. Malgré un premier trimestre peu encourageant (nouvelle baisse de près de 20%), l’indice phare de la bourse de Paris opère une formidable remontée grâce à un bond de pas moins 57% entre mars de décembre. Rassurés par les divers plans de relance, les investisseurs se réveillent et les entreprises en profitent pour se refinancer. Les résultats du 2e trimestre, bien meilleurs que prévus, ont participé à ce rebond sans commune mesure.

 

 

5 faits marquants au regard d’une année qui le fut tout autant, tous secteurs d’activités confondus. Quid pour 2010 ? Là encore, les débats sont ouverts sur :

 

L’endettement des états : mesure d’urgence face à une crise dans précédent, l’endettement massif des états occidentaux via les « grands emprunts » va devenir une des questions majeures de la nouvelle décennie. Avec une croissance que l’on espère tout juste positive (si ce n’est nulle) en Europe pour 2010, les pays membres de l’UE (notamment la Grèce et sa dette représentant plus de 90% de son PIB) auront fort à faire afin de se désendetter sans pour autant freiner l’élan de reprise économique amorcé.

 

La création d’une nouvelle bulle : déjà amorcée l’année dernière, la problématique liée aux matières premières risque de s’amplifier (pétrole en tête). La raréfaction des sources d’énergie fossile conjuguée à la faiblesse du dollar risque de créer de nouvelles tensions, surtout pour les pays en voie de développement. Et c’est sans compter sur l’essor des mouvements écologistes et de l’arrivée de la contribution climat énergie, plus connue sous le nom de taxe carbone, désormais annoncée pour le mois de juillet en France.

 

Une probable législation outrancière : tous les acteurs et segments de marché ont été impactés par la crise. Peu ou prou. A chacun de se réinventer et de s’adapter à la mesure de cet impact. L’occasion parfaite pour légiférer afin de pouvoir contrôler (dans la mesure du faisable) le gigantesque monde de la finance et, ainsi, éviter ses dérives. Gigantesque chantier, il y a fort à parier que nos élus sauront nous surprendre, tant en France qu’en Europe.

 

Les pistes de réflexion ne manquent déjà pas et promettent de faire de cette nouvelle année l’année de tous les espoirs possibles.

 

*Bonne année à toutes et à tous*

Publié dans Marchés boursiers

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