Attention aux offres d'emploi bidons !

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Depuis plusieurs d'années, nombreuses sont les offres d'emploi bidons qui pullulent sur le net. La férocité de la crise actuelle ne fait d'ailleurs que renforcer cette pratique dont sont adeptes tant les sites de recrutement que les entreprises elles-mêmes. Attention aux arnaques !

 

"Banque d'affaires X de taille humaine recherche dans le cadre de son développement un gestionnaire de patrimoine junior. Suite à une formation interne à nos produits haut de gamme et grâce à un suivi permanent, vous évoluerez rapidement dans un environnement professionnel et de qualité. Salaire attractif et nombreux avantages." Cette annonce vous plaît ? Elle est faite pour vous ? Vous avez déjà rédigé votre lettre de motivation ? Pas si vite matelot, il semblerait qu'il y ait anguille sous roche. En effet, le marché de l'emploi regorge d'annonces alléchantes de ce type qui, en réalité, sont totalement fausses ! Pôle Emploi, Apec, agences d'intérim, cabinets de recrutements, sites spécialisés ou encore espaces de recrutement d'entreprises, tout le monde (ou presque) s'y est mis. Et ce pour diverses raisons.

 

Fausses offres pour vrais bénéfices

 

Quel est l'intérêt de publier de fausses offres d'emploi me direz-vous ? Pour celui ou celle qui n'a jamais eu à postuler pendant des mois, l'idée pourrait paraître saugrenue. Les bénéfices qu'elles procurent sont pourtant loin d'être négligeables, bien que totalement abusives et réprimandables :

 

1- Publicité gratuite

Bien moins chère qu'une campagne marketing (aucun frais d'agence de pub ou d'encart publicitaire, juste un achat d'espace web), une offre d'emploi est simple et rapide à rédiger. L'entreprise communique alors une image positive et valorisante aux yeux du grand public qui voit en ces recrutements le signe d'une bonne santé. Et pour peu que ces annonces concernent plusieurs centaines de postes à pourvoir, ce sont les marchés financiers qui sont alors caressés dans le sens du poil.

 

2- Concurrence déloyale

Autre origine de ces offres bidons : la volonté de se positionner face à la concurrence. Il s'agit tant de se démarquer que d'impressionner les rivaux en bombant le torse avec de belles et (surtout) nombreuses embauches en vue. Dans certains cas, l'enjeu est encore plus pernicieux : attirer du personnel concurrent afin de le débaucher et/ou de lui sous-tirer des informations sur leur société actuelle. L'espionnage industriel n'a plus de limites !

 

offres emploi

 

3- Performances illusoires

La faute est également à chercher du côté des plates-formes d'offres d'emploi qui oublient volontairement de retirer certaines annonces, voire en créent de toute pièce. Objectif : augmenter le trafic en ligne et alimenter leurs CVthèques afin de démontrer leurs "performances". Ce qui ne fait pas le bonheur des entreprises et autres cabinets de recrutements qui reçoivent des CV pour des postes déjà pourvus depuis plusieurs semaines.

 

4- Offres anticipées

Là, le poste existe bel et bien mais n'est pas à pourvoir... du moins pas tout de suite. En réponse à un turn-over élevé ou à des évolutions de postes incertaines, certaines entreprises anticipent les recrutements en allant à la pèche aux CV. Pas vraiment escrocs mais pas franchement honnêtes pour autant, elles souhaitent réduire autant que possible l'erreur de recrutement en s'y prenant à l'avance.

 

Il arrive enfin que certaines annonces n'aient pas été mises à jour ou retirées, devenant obsolètes. Simple erreur ou oubli, aucune volonté de nuire n'est cependant à l'oeuvre. Pourtant, le résultat est le même.

 

Comment lutter face à ces offres ?

 

La publication d’une information fausse ou erronée constitue une infraction au sens du droit du travail français (1) et est donc répréhensible. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) peut donc être saisie en l'occurence... à condition d'avoir la preuve que l'annonce est fausse et que le geste était intentionnel. Et c'est là que le bât blesse car l'absence de réponse ou le maintien pendant plusieurs mois de la même annonce ne prouvent pas le caractère erroné de celle-ci. La loi étant donc inefficace, un front s'est constituer afin de dénoncer ces dérives.

 

En Angleterre tout d'abord, un site internet a osé braver l'interdit en répertoriant ces arnaques à l'emploi : FuckThatJob.com. Le site a fait des émules en France : RecruteursBidons.org a vite fait parler de lui. Basés sur la contribution des internautes, ces sites invitaient les malheureuses victimes de ces annonces à déposer leur plainte online. Informée par e-mail, la société incriminée avait alors 2 semaines pour se justifier, sans quoi elle se voyait relayer au banc "mauvais élèves" . Une véritable oeuvre de salubrité publique où se sont distinguées par leur surnombre les SSII et sociétés de conseil. Malheureusement, devant la passivité totale des pouvoirs publics, les webmasters ont abandonné leur croisade contre ces recruteurs sans scrupules.

 

En clair, restez vigilants !

 

(1) Article L. :311-4 du Code du travail : "Il est interdit de faire publier [...] des allégations fausses ou susceptibles d'induire en erreur et portant en particulier sur [...] l'existence, le caractère effectivement disponible, l'origine, la nature et la description de l'emploi ou du travail à domicile offert, la rémunération et les avantages annexes proposés ainsi que le lieu du travail". Article disponible dans son intégralité à cette adresse.

Publié dans Emploi et formation

Commenter cet article

Fabien THEVOZ 27/02/2013 17:21

Je suis démasqué, saperlipopette ! Depuis plusieurs d'années, nombreuses sont les offres d'emploi bidons qui pullulent sur le net. La férocité de la crise actuelle ne fait d'ailleurs que renforcer
cette pratique dont sont adeptes tant les sites de recrutement que les entreprises elles-mêmes. Attention aux arnaques !