Banques en ligne : entre forte progression et gestion des risques

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Apparues grâce à l’avènement de l’internet haut débit, les banques en ligne poursuivent leur progression grâce, notamment, à des tarifs attractifs. Pour autant, ces dernières ne sont pas exemptes de tout défaut, à l’image des risques liés à l’utilisation du net devrait continuer à faire les beaux jours des banques traditionnelles.

 

500 000 fin 2009, 2 millions un an plus tard, le nombre de français disposant d’un compte bancaire en ligne affiche une belle progression même si celui-ci reste largement inférieur aux quelques 220 millions de comptes ouverts dans des banques dites « en dur » (disposant d’agences physiques) (1). Le développement des nouvelles technologies a largement participé à l’émancipation des banques en ligne : internet haut débit (ADSL, fibre optique), smartphones… Un nouveau marché qui entend bien s’imposer grâce à des tarifs avantageux et une disponibilité continue, rendus possibles par de substantielles économies réalisées via l’absence de réseau local. Monabanq, Boursorama, ING Direct, Fortuneo ou encore BforBank, le nombre de banques virtuelles ne cesse de croître, même si leurs performances ne se valent pas toutes (2).

 

Pour autant, le nombre de clients en ligne reste encore faible, l’offre s’adressant clairement aux personnes à revenus réguliers importants souhaitant bénéficier de tarifs avantageux (de 30 à 50%) sur une gamme de produits précis (tel l’ordre de bourse jusqu’à 2 fois moins cher). Reste que les contreparties à ces avantages s’avèrent parfois contraignantes : épargne régulière, revenus minimum, conseils relativement pauvres… Mais le principal frein reste indéniablement les risques liés à l’utilisation d’internet.

 

De la question des risques des opérations en ligne

 

Différents types de risques sont inhérents à l’utilisation du net. En voici une liste, non exhaustive :

 

- risques liés à la technique : les systèmes de transaction et d’information ne sont bien évidemment pas invulnérables. Les dérives liées à l’utilisation d’un outil de communication à distance, comme le blanchiment d’argent ou la fraude, sont réelles même si la sécurité des transactions s’améliore de jours en jours. A ce titre, 2 types d’escroquerie sont particulièrement présents :

 

* l’hameçonnage, ou « phishing » dans sa version anglophone, consiste à usurper l’identité de la banque d’un client afin de lui soutirer ses identifiants en ligne. Pour ce faire, l’escroc envoie un e-mail prétendant une irrégularité sur le compte du client, un trop perçu ou encore une veille sécuritaire. Un lien redirigeant vers le site de la banque est fourni dans le message… sauf qu’il s’agit d’un site pirate ! Aussitôt les coordonnées bancaires renseignées, l’escroc peut alors se faire une joie de vider le compte de la victime.

 

Fort heureusement, la plupart des navigateurs bloquent l’accès à ces sites contrefaits. De même, il est facile de les identifier de par l’adresse internet (URL) d’une rare complexité ou encore de l’absence de dispositif de cryptage des données (symbolisé par un cadenas).

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* le célèbre spyware, ou « logiciel espion », est plus fourbe, moins décelable. Programme indésirable invisible, il se loge insidieusement sur votre ordinateur suite à l’ouverture d’un e-mail ou la visite d’un site et collecte l’ensemble de vos codes confidentiels. Codes dument restitués au pirate qui pourra alors faire les soldes avec votre argent. Et pour celles et ceux qui ne suivent pas régulièrement leurs comptes, la technique peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois, les dépenses étant généralement de faible montant (inférieures à 100€).

 

- risques liés au recours à des prestataires externes : en cas de délégation des services en ligne à un tiers, le danger réside alors dans la qualité de la prestation fournie. Il devient alors essentiel de dresser un cahier des charges complet et régulièrement mis à jour entre le donneur d’ordre (l’établissement bancaire) et le prestataire. En cas de défaillance de ce dernier, c’est la banque qui voit sa réputation et son image engagées.

 

- risques liés à la méconnaissance du droit applicable en la matière, surtout lorsqu’il s’agit de transactions internationales.

 

 

En pleine expansion, les banques en ligne ont bien l’intention de s’imposer dans le paysage bancaire (3). Grâce à une large gamme de produits et des tarifs toujours plus compétitifs, elles devront néanmoins constituer avec les nombreuses agences de proximité auxquelles sont attachés les clients.

 

(1) 72 millions de comptes à vue (comptes courants) et 149 millions de comptes à terme et comptes d’épargne (PEL, LDD…)

 

(2) Cf. www.banque-en-ligne.fm

 

(3) Cf. « Dans les cinq ans qui viennent, les services bancaires en ligne vont exploser », La Tribune.

Publié dans Contrôle et risques

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Marine 30/01/2014 11:32


Excellent analyse! Il est évident que les banques en ligne comme les banques classiques seront victimes d'une vulnérabilité. Le plus important avant de franchir le pas est de faire un comparatif
des offres afin de bénéficier d'un maximum de garanties.