Bourses en chute libre : les enjeux de demain

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

En cloturant à 3 339 points hier soir, la bourse de Paris a retrouvé un seuil qu'elle n'avait plus connu depuis mai dernier, au plus fort de la crise grecque. Paris n'est pas la seule touchée puisque l'ensemble des places mondiales ont suivi le même mouvement, inquiétées par des statistiques peu encourageantes. Emploi, reprise économique, retraite, plans de rigueur ou encore politique monétaire, iFinance vous invite à comprendre les enjeux de demain.

 

Le bilan est sans appel : sur le premier semestre 2010, le CAC 40 a perdu plus de 15% de sa valeur. Après une belle progression en début d'année (dû en partie au rebond du marché actions), le soufflé est vite retombé à plat. Et on ne peut pas dire que le second semestre inaugure de meilleurs jours :

- France : - 2,99%

- Japon : - 2,04%

- Royaume-Uni : - 2,26%

- Suisse : - 2,44%

 

Première inquiétude : hier, les banques de la zone euro devaient rembourser pas moins de 442 milliards d'euros. Un record historique. Et bien qu'une opération de refinancement à six jours a été réalisée avec brio par la BCE, l'attente du remboursement a  lourdement pesé sur l'ensemble des valeurs financières : BNP-Paribas, Société Générale, Dexia ou encore Crédit Agricole par exemple. La menace d'une potentielle crise de la liquidité du système bancaire n'a donc pas eu lieu, du moins pas pour l'instant. la dernère inquiétude à ce sujet fut en effet l'annonce de l'agence de notation Moody's concernant une éventuelle dégradation de la note souveraine de l'Espagne dans les trois mois à venir. Une nouvelle qui ne rassure guère quant à la solidité de la reprise en zone euro.

 

bourse crise

 

Autre mauvaise nouvelle : la crainte d'un ralentissement de la croissance mondiale, en particulier aux Etats-Unis et en Chine. Au pays de l'oncle Sam tout d'abord, l'indice du niveau d'activité dans le secteur manufacturier est apparu à la baisse. Plus surprenants furent les chiffres de l'emploi américain qui ont enregistré une augmentation du nombre de demandeurs d'emploi. Enfin, l'immobilier américain poursuit sa descente et la crise, après avoir touché les particuliers, s'attaque désormais à l'immobilier commercial. En Chine, même son de cloche où l'indice de l’activité industrielle est tombé à son plus bas niveau depuis 14 mois ! Rien d'alarmant cependant puisqu'il s'agit d'une phase de stabilisation suite à la croissance démesurée des mois passés. Néanmoins, les faibles perspectives de croissance en Europe risquent de ralentir les exportations chinoises. A Pékin dès lors de stimuler son marché intérieur, comme cela fut mis en avant lors du dernier G20 (cf. "Wall Street et G20 : sur le chemin d'une pseudo réforme").

 

Les enjeux de demain

 

La crise des subprimes ne cesse de muter jour après jour. D'abord crise bancaire, elle est devenue crise des déficits publics suite aux refinancements et plans de relances initiés par les Gouvernements avant de se voir porter sur les ménages et leur pouvoir d'achat. Quels sont donc les enjeux majeurs de demain pour notre société ? Il est indéniable que la lutte contre l'augmentation de nos déficits publics doit être prise à bras le corps. Mais il s'avère d'autant plus difficile de lutter contre celle-ci tout en favorisant la reprise économique. Plan de rigueur, restrictions budgétaires, réajustements fiscaux... peu importe leur nom, leur réalité est la même : faire des économies. Jusqu'à quel point ? Un exemple parmi d'autres : la hausse du taux de la TVA en Espagne hier (qui passe de 16 à 18%) et celle au Royaume-Uni (de 17,5 à 20% à partir du 1er janvier prochain) devraient permettre d'augmenter les recettes fiscales... tout en diminuant le pouvoir d'achat des ménages. Une solution qui est aussi envisagée en France où la hausse se chiffrerait à 2% (1). L'Allemagne envisage, au contraire, de diminuer son taux afin de relancer la croissance (2).

 

L'autre enjeu capital est celui de la gestion des retraites en France : augmentation de la durée de cotisation, report de l'âge légal de départ, augmentation des cotisations... Les propositions ne manquent pas et ne semblent contenter personne. Pourtant, des mesures devront être prises afin de faire face à l'afflux des retraités issus du babyboom. Ce dont on ne parle pas étrangement, c'est le risque de crise inter-générationnelle qui se crée. Dans un contexte économique difficile, au marché de l'emploi incertain, il est demandé aux jeunes de cotiser davantage pour une retraite dont ils ne sont pas sûrs d'être bénéficiaires. A mi-chemin entre système de répartition et retraites privées, la question divisera forcément.

 

Et si finalement l'enjeu central et majeur, c'était l'emploi ? Moins de chômage, c'est à la fois moins de prestations sociales à verser et plus de recettes fiscales pour le remboursement de la dette de l'Etat et le financement des retraites. Une réalité simple à comprendre et si difficile à mettre en oeuvre...

 

 

(1) Pour rappel, la dernière modification du taux de TVA en France a eu lieu en 2000 lorsqu'il est passé de 20,6 à 19,6%.

 

(2) Le pays avait déjà augmenté son taux de TVA début 2007 de trois points, en passant  de 16% à 19%.

Publié dans Economie

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Nicolas BOISVILLIERS 08/09/2010 05:59


Tant qu'aucune décision n'est prise en ce sens, j'ose croire une réforme profonde et durable de notre système de retraites. Mais dans un tel contexte de crise, mes espoirs s'amenuisent petit à
petit.
Finira-t-on par adopter le modèle anglosaxon ?


Magali 07/09/2010 23:20


"Dans un contexte économique difficile, au marché de l'emploi incertain, il est demandé aux jeunes de cotiser davantage pour une retraite dont ils ne sont pas sûrs d'être bénéficiaires. "
Je dirais plutôt : "pour une retraite dont ils sont sûrs de ne pas être bénéficiaires."


Philippe 08/07/2010 21:47


ca doit faire mal ^^