CAC 40 : rechute sous les 3 000 points ?

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Tandis que l'ensemble des places boursières a les yeux rivés sur les résultats trimestriels des entreprises américaines, la menace d'une rechute du CAC 40 semble de plus en plus probable d'ici la fin de l'année. Surcapacité de production, chômage élevé, croissance en berne, déficits publics lourds, réformes... Quelles perspectives à court terme pour l'indice phare de la bourse de Paris ?

 

La traditionnelle saison des annonces de résultats du 2e trimestre de l'année a démarré lundi dernier, avec de belles surprises à la clé (Ubisoft ou Intel par exemple). Un début de semaine qui laissait augurer un été plutôt favorable aux investisseurs... mais qui n'a pas résisté à un ensemble de mauvaises annonces.  Alors qu'il avait progressé de 2,33%, le CAC 40 a enchaîné 4 séances de baisses consécutives, effaçant largement les gains issus du début de la semaine passée. Une situation qui laisse entrevoir une fin d'année peu reluisante. Dès lors, que peut-on espérer du CAC 40 sur les 12 prochains mois ?

 

Récession en vue ?

 

Deux facteurs suffisent à justifier la thèse favorable à une récession : un niveau d'endettement élevé (public bien sûr mais également privé) et une surcapacité de production. Dans la croisade menée contre les déficits publics, les mesures prises par le Gouvernement français vont incontestablement avoir un effet négatif sur la croissance. Bien crédule serait celui qui, comme l'a dit Mme Lagarde (ministre de l'économie), croirait qu'il est possible de réduire notre déficit tout en apportant un soutie à l'économie. De facto, la demande intérieure risque d'être encore à la traine et la France devra se tourner vers le marché international pour tenter de sauver les meubles. Mais là encore...

 

crise chute

 

Malgré une croissance forte (toutes proportions gardées), le marché américain s'est tendu dernièrement. La  confiance du consommateur américain a chuté, l'immobilier résidentiel et commercial inquiètent de plus en plus, notamment suite à une baisse de confiance des promoteurs immobiliers américains plus forte que prévue ce mois-ci (cf. "Nouvelle crise immobilière en vue aux Etats-Unis"). Même si les résultats des entreprises américaines sont au rendez-vous, la conjoncture outre-Atlantique demeure fragile quoi qu'en dise la presse.  La Chine elle-même  a subi une dégradation de sa production industrielle : les investissements colossaux et stocks importants vont peser sur la croissance du pays dont la demande intérieure reste faible. Pourtant, il lui faudra compter sur elle à l'avenir, l'Europe et les Etats-Unis (ses principaux marchés) étant en voie de récession.

 

Rentrée houleuse en perspective

 

L'ensemble de ces facteurs milite en faveur d'une rechute du CAC 40 sur les 12 mois à venir, tombant dans des seuils historiquement bas. Au niveau interne, les choses ne se présentent guère mieux.  La maîtrise du déficit public oblige le Gouvernement français à opérer des réformes douloureuses mais nécessaires. Notamment la réforme des retraites qui fera à nouveau parler d'elle début septembre. En outre, de nouvelles mesures fiscales sont envisagées : hausse de la TVA, taxation des livrets d'épargne, non revalorisation des prestations sociales... Autant de pistes que désapprouvent fortement les français. En pleine crise médiatique "Woerth-Bettencourt", le chef de l'Etat et son Gouvernement ont rarement été aussi impopulaires. Et la gestion catastrophique de la politique pour l'emploi n'arrange rien. De quoi ranimer les violences et discriminations, à l'image des incidents qui ont éclaté ces derniers jours à Grenoble. Face à un climat tendu, les investisseurs risquent de prendre peur.

Publié dans Marchés boursiers

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