Crise : l'UE abandonne la Grèce au FMI

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

La nouvelle est suffisamment forte pour secouer la sphère financière. Alors que la question du déficit public de la Grèce ne cesse d’inquiéter, le refus persistant de support de la part de l’UE semble atteindre son point de non retour : la Grèce se dit prête à se tourner vers le FMI… ce que semble encourager l’Allemagne !


A 16h57, le CAC chute de près de 0,40%. La faute à l’arrivée à échéance d’options et contrats sur indices. Mais également à un nouvel épisode de la « tragédie grecque » qui se joue depuis désormais plusieurs semaines. Ainsi, tandis que la Grèce attend le soutien de l’Allemagne et de la France dans le cadre de sa politique de régulation des finances publiques, le Premier ministre a menacé de se tourner vers le FMI en cas de refus. Ce qui semble visiblement convenir à ces derniers.


Selon un porte parole du gouvernement allemand, celui-ci « n'exclut pas (le recours) aux ressources du Fonds monétaire international ». Quant à la France, elle « n'a jamais été hostile à une intervention du Fonds monétaire international sous forme d'une assistance technique" dixit une source gouvernementale. Pour José Manuel Barroso, président de la Commission Européenne, l’intervention du FMI « n’est pas une question de prestige. » Les Pays Bas vont plus loin en annonçant qu’une aide du fonds monétaire serait même insuffisante, évoquant les quelques 40 milliards d’euros de besoins financiers de la Grèce.

 

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Partie de poker à la table de l’UE


Chaque dirigeant y va de sa propre verve afin de commenter la délicate situation dans laquelle se trouve la Grèce. Car quand bien même George Papandréou, Premier ministre grec, a demandé l’aide de l’UE, il ne s’agit en aucun cas d’une aide financière. Une aide « technique » ? On joue là sur les mots. Car le fonds du problème se situe tant dans l’état désastreux des finances publiques grecques que de l’action concertée et réfléchie de l’UE. En se défaussant, l’Allemagne, pays fondateur de l’Union Européenne faut-il le rappeler, permet aux autres membres de fuir leurs responsabilités.

 

Car au final, que demande la Grèce ? Simplement d’emprunter à des taux « normaux », à l’inverse des 6% actuels. Plus du double de ce que l’Allemagne verse. Le dispositif d’assistance financière adopté par tous les ministres des finances de l’UE semblait confirmer une sortie de crise… jusqu’à ce qu’Angela Merkel ne s’oppose littéralement à cette solution. Dans de telles circonstances, il n’est pas étonnant de voir la Grèce tenter un ultime coup de bluff en direction du FMI. Un appel de détresse qui ne trouvera pas écho auprès des membres les plus imminents de l’Union.

 

De l’avenir de l’UE


Il est bien évident que même si « la Grèce et tous les Etats membres de l'UE sont membres du FMI », comme le rappelle si justement Mr Barroso, l’intervention de ce fond sonnerait comme un constat d’échec concernant la politique de l’Union Européenne. La zone euro, c’est avant tout une monnaie unique et une banque centrale. Que l’Ukraine ou le Mali s’en remette au FMI ne choque personne. Ce n’est plus le cas lorsqu’il s’agit d’un pays membre de la zone euro. Le traité de Maastricht et le pacte de stabilité financière ne doivent pas s’appliquer selon le bon vouloir de chacun.

 

Il est impératif pour l’Allemagne et la France de montrer leur soutien ferme à la Grèce afin de rassurer les investisseurs. Les marchés retrouveront alors leur rôle de financeurs et les Etats membres n’auront rien à débourser. La position grecque est sans précédent, l’UE se doit donc de réagir au plus vite afin d’éviter de futures spéculations sur l’Espagne ou même l’Italie par exemple. Mais également, et surtout, afin d’éviter un éclatement de l’UE.

 

Il est encore temps d’agir, le FMI n’ayant pas été sollicité par la Grèce. C’est cependant oublier quelque part que le FMI est déjà impliqué dans la crise grecque puisqu’il tient un rôle de consultant.

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