Emploi : difficile reprise après la crise

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

2010 lancée, beaucoup s’attendaient à une reprise lente mais certaine des recrutements dans le domaine bancaire et financier. La situation s’avère en réalité bien plus complexe et traduit des disparités en fonction des objectifs de chacun.


Tout le monde a été, plus ou moins, touché par la crise dans son travail : rémunération stagnante, embauches gelées, promotions stoppées voire chômage. La crise financière ayant tiré sa révérence, tous les espoirs étaient dès lors permis pour cette nouvelle année remplie de promesses. Malheureusement, le conte (compte) enchanté risque de ne pas avoir lieu.

 

Conjoncture incertaine


L’émergence de déficits publics en forte hausse au sein de la zone euro a donné un sérieux coup de frein à l’élan d’optimisme général des marchés : se situant au-delà des 4 000 points le 1er jour de l’année, le CAC 40 a perdu 6% depuis un mois, tutoyant des seuils qu’il n’avait pas revu depuis la fin de l’été dernier. Tous les pays ont ainsi les yeux rivés sur l’Espagne ou encore la Grèce (pour ne citer qu’eux) et révisent leurs perspectives de croissance. Et donc, de recrutement. Du moins, à court terme.

 

En parallèle, le débat sur la réforme des retraites bat son plein en France. Il apparait difficile à l’heure actuelle de ne pas repousser l’âge du départ à la retraite face aux déficits qui sont les nôtres. Moins de retraités, c’est aussi moins d’embauches et de promotions. Et quand bien même cette réforme ne prendrait effet que d’ici 2-3 ans (le temps que les présidentielles aient lieu), c’est une évolution à ne pas négliger. La crise a d’ailleurs contribué à changer quelque peu les mentalités.

 

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Vent en poupe pour les séniors


Sur intervention du ministre du Travail, BNP Paribas a récemment décidé d’abandonner l’idée d’un plan de départs volontaires à la retraite, qui devait être ouvert aux salariés de plus de 60 ans ayant suffisamment cotisé pour toucher une retraite à taux plein. Cas isolé ou future tendance ? Quoi qu’il en soit, il est certain que les profils expérimentés constituent de précieux atouts : jugés plus « sécurisants », ils disposent à la fois des compétences, expériences et relations jugées nécessaires pour porter l’entreprise vers des horizons plus verts.

 

Faut-il en déduire que les moins expérimentés n’ont aucune chance ? Tout dépend pour qui. Les profils spécialisés et porteurs sont toujours très prisés (cf. « Quelles perspectives d’emploi pour 2010 ? », le top and flop). Mais l’entrée (pour les jeunes diplômés) ou le retour (pour les chômeurs) sur le marché du travail se fera difficilement : prêts à tout pour retrouver un emploi, certains séniors acceptent des postes dont la rémunération ne correspond pas à leur niveau de qualification. En d’autres termes, à salaire plus ou moins égal, la préférence ira vers le profil expérimenté, au détriment des juniors. Une concurrence intergénérationnelle bien connue en temps de crise.

 

Et pour celles et ceux qui envisageraient un MBA (Master of Business Administration) afin de redonner un coup de pouce à leur carrière, je vous conseille de lire ce témoignage très intéressant  d’un ancien de chez Lehman Brothers.

Publié dans Emploi et formation

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