Emploi : embellie pour les jeunes diplômés ?

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Le marché de l'emploi demeure toujours fortement tendu, près de 3 ans après l'avènement de la crise des subprimes. Fortement touchés, les jeunes diplômés font encore les frais d'une conjoncture économique morose. Pourtant, 2010 a su montrer quelques signes d'amélioration... partagés inégalement en fonction des secteurs d'activités.

 

Serait-ce la fin de la galère pour les jeunes diplômés mal aimés ? Tout au moins peut-on y voir le début d'une reprise de l'emploi en France. Inégale, certes, mais bien présente. Concrètement, de janvier à août derniers, pas moins de 53 000 offres d'emploi de cadres ont été proposées aux jeunes diplômés, tous secteurs confondus. Soit une hausse de 75 % par rapport à la même période de 2009, avec une accélération de la tendance depuis juin. De même, 38 % des entreprises interrogées se déclarent prêtes à embaucher dans les 3 prochains mois, contre 22 % il y a dix-huit mois au plein coeur de la crise.

 

Sans faire preuve d'un rebond exceptionnel, ces chiffres confirment un retour à la situation de janvier 2009. On est malgré tout encore loin de la situation d'avant crise. Il faudra probablement attendre encore 1 an afin d'effacer les effets de la crise : en l'espace de  2 ans, le taux d'emploi des jeunes diplômés a baissé de 13 points (de 77% à 64 %)  ! Si on se réfère au tableau ci-dessous, cette baisse a surtout touché les profils scientifiques  et moins les formations littéraires : les services à la personne (médical, social...) ont la cote, l'agroalimentaire (agronomie, alimentaire...) s'écroule.

 

 

Taux d'emploi des jeunes diplômés (un an après obtention du diplôme)

jeunes_diplomes_2008-2009.PNG

Source : Apec (Association Pour l'Emploi des Cadres)

 

 

Encore des efforts à fournir

 

Du côté du secteur finance / bancassurance, la reprise est plus faible (-6%), à nuancer toutefois avec les profils commerciaux (-5%) qui se démarquent fortement dans le milieu. Les banques et assurances, 1er recruteur dans l'hexagone, cherchent encore à adapter leurs structures face à un environnement changeant (réformes Bâle II et III, Solvabilité II ; restructuration des métiers). D'importantes évolutions qu'il faudra donc accompagner. Le potentiel de recrutement reste ainsi élevé.

 

De la même manière, selon l'Apec, l'informatique reste le secteur qui embauche le plus. Sur l'ensemble des 53 000 offres :

- 16 000 pour l'informatique,

- 7 000 dans la recherche et développement,

- 5 000 dans le conseil,

- 3 000 dans la banque et les assurances

 

Malgré ces bonnes nouvelles, un frein persiste : celui des mentalités qui évoluent peu ! La discrimination entre ingénieurs sortis de grandes écoles (taux d'emploi :64%) et ingénieurs issus des universités (taux d'emploi : 41%) perdure. Les différences restent moins marquées en revanche pour les profils informaticiens et commerciaux.

 

Enfin, le CDD est devenu une véritable religion en matière d’emploi en temps de crise pour les jeunes diplômés. Une excellente nouvelle afin de gagner en expérience et compétences mais une mauvaise du point de vue de la précarité de ces derniers...

Publié dans Emploi et formation

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