Emploi : essor du community manager

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

A l’heure du web 2.0, le dialogue entre marques et clients s'oriente de plus en plus vers les médias sociaux. Face à ce besoin de maîtrise de leur image sur internet, les entreprises se dotent progressivement de community managers. Sorte d’ambassadeur de l’entreprise sur le web, il envahit aussi la sphère financière. Présentation de ce métier en devenir.

 

Totalement inconnu il y a quelques années, le community manager est un métier prometteur mais qui se cherche encore. Entre communication, marketing et gestion des ressources humaines, ce nouveau poste se développe progressivement, tous secteurs d’activité confondus. Bien évidemment, la sphère financière n’est pas épargnée par le phénomène.

 

Un métier en devenir à définir

 

Forums, blogs ou encore réseaux sociaux (Facebook ou Twitter pour les plus connus) ont modifié en profondeur les relations entre marques et consommateurs. Que les entreprises le veuillent ou non, leurs moindres faits et gestes sont analysés et commentés par des internautes désormais rassemblés en communautés. Les marques ne peuvent rester absentes de ces conversations. C’est là qu’intervient le community manager.

 

Le community manager, ou gestionnaire de communautés, c'est un peu la version 2.0 du webmaster. Son rôle consiste à animer les échanges avec les internautes et à véhiculer les valeurs de l'entreprise dans les contenus qu’elle propose. C'est un véritable pont entre la marque et les clients : Il personnifie la marque sur Internet.

 

Ainsi, le community manager n'est pas uniquement un poste mais une façon plus personnalisée de concevoir la relation client. Certaines entreprises font du très bon community management sans poste à cet effet. Mais il apparaît de plus en plus important de définir les contours de ce poste afin de bien le différencier de ceux qui l’ont inspiré (modérateur, webmaster...).

 


Un exemple : les missions du community manager de Saxo Bank

 

> Vous prendrez en charge la gestion du Community Management de Saxo Banque France en coordonnant les actions de communication de la marque sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, linkedin…), blogs et forums.

> Vous assurerez la relation avec les Bloggeurs et Forumers, développerez les actions de « content sharing » en proposant les contenus exclusifs de Saxo Banque : news quotidiennes, hebdomadaires, flux rss, videos, widgets...

> Vous assurerez la promotion des services de formation en ligne au trading, « webinaires », auprès de la communauté web financière.

> Vous traiterez de manière transparente les questions des Internautes sur les produits et services de Saxo Banque France et du groupe Saxo Bank.

> Vous prendrez part aux autres actions de communication online de Saxo Banque France et participerez au développement de projets ad hoc.

> Vous proposerez et mettrez en place un reporting dédié au suivi de vos missions.


 

Un poste pour des profils


Un bon community manager est l'expert permanent d'une thématique pour le compte d'une marque, reconnue légitime par sa communauté. Pour ce faire, il n’existe pas de profil type. Néanmoins, un certain nombre de qualités est exigé afin de répondre aux besoins de la fonction. Un bon community manager dispose d’un Master (Bac +5) en marketing, journalisme, commerce ou technique.

 

Mais plus que toute autre chose, c’est un autodidacte du web 2.0 qui a plusieurs années d’expérience dans la blogosphère. Curieux, empathique, conciliant, bilingue, à l’aise à l’écrit comme à l’oral, c’est un véritable leader d'opinion qui a un impact fort sur sa communauté, sa viralité étant de fait un atout majeur. Enfin, il doit bien évidemment comprendre pleinement les problématiques clients corporate et commerciales tout en ayant une bonne culture pour le secteur dans lequel il travaille.

 

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[Le community manager, expert du web 2.0 au service d'une marque]

 

Un marché de l’emploi difficile à lire

 

Si les community managers sont entrés par effraction dans les entreprises, ils sont en train de s'y installer durablement. Pour le moment, le métier en est à ses balbutiements car le marché n'est pas encore mature ni organisé. Les annonceurs n'ont pas encore réfléchi à ce qu'ils sont prêts à partager et à dire et, surtout, il n'existe pas d'outil générique pour mesurer l'efficacité de ces conversations en ligne.

 

C’est pourquoi beaucoup d’entreprises préfèrent confier (à tort) ce poste à un stagiaire de fin d’étude. Plusieurs raisons à cela : l’étudiant est jeune par définition et, bien souvent, rompu au web participatif. De plus, son intervention est limitée dans le temps et financièrement. Cela assure une certaine marge lorsque l’entreprise manque de visibilité et de connaissances sur le poste en question. Enfin, en renouvelant régulièrement le stagiaire à ce poste, les entreprises espèrent profiter d’idées toujours plus fraîches et d’une motivation sans équivalent… au risque de rendre son discours peu cohérent sur le moyen / long terme.

 

Les offres d’emploi sont donc partagées entre CDI et stages. Pour autant, les community managers gagnent plutôt bien leur vie. Après quelques années, un professionnel pas même trentenaire peut escompter gagner entre 40 et 50 K€ bruts annuels. Avec à l’avenir, peut-être, une part de variable sur objectifs.

Publié dans Emploi et formation

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