Goldman Sachs : interview à coup de notes

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Mercredi dernier, le patron de la branche Europe de Goldman Sachs, Yoel Zaoui, était l'invité de Jean-Pierre Elkabbach à l'antenne d'Europe 1. Une interview sous forme de mea culpa qui tente de redorer le blason de la banque d'affaire mise à mal suite aux soupçons de fraude initiés en avril dernier.

 

Avril 2010, la célèbre banque d'affaires américaine Goldman Sachs (ou GS pour les intimes) fait la une de la presse suite à la plainte déposée par la SEC (Securities and Exchange Commision, le gendarme de la bourse américaine, à l'image de l'AMF en France) pour fraude (cf. "Grèce, nuage islandais et Goldman Sachs : le CAC replonge !"). Une nouvelle qui mettait en avant le rôle peu scrupuleux des banques d'affaires dans l'origine de la crise des subprimes de 2008. Et ce n'est pas fini puisque la SEC a entamé récemment une nouvelle enquête sur un autre produit complexe que GS commercialisait avant la crise.

 

Juin 2010, Yoel Zaoui, responsable Goldman Sachs Europe, accepte de jouer le jeu des questions/réponses sur l'antenne d'Europe 1 face à Jean-Pierre Elkabbach dans le cadre d'une interview filmée. Objectif :: se refaire une (bonne) image. A la fin de cette vidéo, je dois vous avouer que je me suis demandé si je devais intégrer cette news dans la rubrique Institutions financières ou Humour. Car outre les réponses purement formatées et totalement empruntes de démagogie et d'hypocrisie (ce qui suffit à me faire rire, j'en conviens), c'est surtout la prestation de monsieur Zaoui qui vaut le détour : durant l'interview entière, ce dernier a lu ses notes savamment préparées !!! Un bel exemple à ne pas suivre. 

 

 

Outre la forme qui se passe de davantage de commentaires, attardons-nous quelques instants sur le fond de cette interview. Yoel Zaoui se la joue indubitablement bon élève en avançant des arguments tantôt efficaces mais irréalistes concrètement (celui-ci est pour une régulation financière à condition que celle-ci soit mondiale, sans quoi la concurrence serait faussée), tantôt totalement hors sujet. Quelques passages d'anthologie :

 

Y. Zaoui : "Je rappelle que les marchés émergeants n'ont pas eu de vraie crise bancaire. La moitié du monde n'a pas eu de crise. C'est une crise financière mi-mondiale."(aucun impact de la crise sur les réserves de dollars de nos amis chinois ?)

 

Y. Zaoui : "La morosité ambiante est là mais néanmoins la réalité économique sous-jascente que je peux certainement percevoir avec nos clients est beaucoup meilleure".(très joli !)

 

Y. Zaoui : "Il faut que chacun tire les leçons de la crise et apporte sa petite pierre à l'édifice de reconstruction mais il y a une chose qui ne changera pas, c'est notre désir d'être leader mondial dans nos métiers" (petit message adressé aux actionnaires).

 

Une prestation qui restera dans les annales... ou pas ! Et vous, que pensez-vous des belles paroles de monsieur Zaoui ?

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Nicolas BOISVILLIERS 23/06/2010 11:22


Absolument, votre interprétation est la bonne. Ce que je pointais du doigt, c'est le décalage entre les revenus records générés par leur activité d'intermédiation et les produits financiers (actifs
toxics) qui ont été vendus aux clients. Car si GS a eu de bons résultats durant toute la crise, c'est aussi (en partie) grâce à leurs "précieux" conseils.
Mais il est vrai que cela portait à confusion.


r3 22/06/2010 23:58


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J'espère que vous plaisantez ? Comprenez vous seulement ce que vous racontez !? La réponse est très claire : s'il y a beaucoup d'activité, GS qui est un INTERMEDIAIRE, va forcémment connaitre
une
bonne année ! Si les produits en question ne sont pas rentable, alors les clients sont perdants mais il ne s'agit plus de GS.

Si une voiture se crash, le commercial du coin qui aura vendu le véhicule sera toujours en vie...


C'est à se demander ce que vous comprenez à la finance !