Humour : précédemment, dans « La grande crise de la dette »…

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Un nouvel épisode s’est achevé cette semaine dans notre grande série à suspense « La grande crise de la dette ». Du politique à gogo et des marchés anesthésiés sur fond de quête mystique à la recherche du "triple A éternel".

 

La semaine avait débuté de manière relativement bonne. Le roi Nicolas Sarkozy et la reine Angela Merkel ont posé devant les photographes et se sont tapés dans le dos afin de rassurer le monde entier que tout-va-bien-madame-la-marquise. Les valeurs bancaires ont ainsi pu se gaver correctement, embarquant avec elles le CAC lui-même, l’indice clôturant au-dessus des 3 200 points.

 

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Mais on le sait tous, c’est dans des moments comme celui-ci où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes qu’un malheur frappe sans prévenir les efforts de nos "héros". Le vilain Standard & Poor’s a ainsi attendu que le soleil soit couché avant d’avertir que les notes de 15 pays de l’Union Européenne étaient sous surveillance négative. Dont la France (-2 crans) et l’Allemagne (-1 cran).

 

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Du coup, quid du "grand chevalier blanc sur son beau destrier" prénommé FESF ? Etant donné que sa note est adossée à celle des états qui le financent (genre la France ou l’Allemagne, entre autres), son existence même n’est-elle pas remise en cause ? Pas grave, on fait appel à David Copperfield et Harry Potter et on obtient un dual combo FESF (Fond Européen de Stabilité Financière) + MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui nous sauvera tous ! Et on en rajoute une couche concernant les eurobonds, histoire de prouver qu’il existe toujours une alternative, quand bien même personne n’a jamais réussi à être d’accord sur le sujet. C’est ça que j’aime dans les bonnes séries, il y a toujours une solution miracle dont personne n’avait même songé 2h auparavant.

 

Déçu de sa dernière prestation, S&P est revenu à la charge en menaçant cette fois de dégrader l'Europe toute entière. Rien que ça. Et puis comme ils ont réalisé que si toute l'Europe voyait ses notes réduites, les banques qui travaillent dans cette Europe ne pouvaient donc pas conserver leur note. Du coup, tant qu’à faire, ils ont aussi menacé de "downgrader" les banques européennes. Les suspects sur la liste sont toujours les mêmes : BNP, Société Générale, Deutsche Bank ou encore Commerzbank. Ceci dit, ce genre de réplique ayant déjà été utilisé dans de précédents épisodes, ça n'a guère impressionné qui que ce soit. Le marché et les intervenants ont continué leur vie et sont allé sagement se coucher le soir sans ouvrir la moindre boite de Lexomil.

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Les banques occupant le devant de la scène, il était normal de voir les sociétés d’assurance emboiter le pas et glisser discrètement un communiqué qui fait bien plaisir en fin d’année : hausse généralisée des tarifs d’assurance ! Auto, habitation ou encore santé, allez hop, c’est ma tournée ! Bien évidement, on restera dubitatif quant aux diverses raisons toujours aussi "bonnes" qui rendent impératives ces hausses. Comme cette histoire de vétusté du parc immobilier français qui coûte de plus en plus cher. Hein hein. Rien à voir bien sûr avec la baisse des performances sur les marchés des primes et la baisse de la collecte en assurance vie n’est-ce pas ? Non parce que l’espace d’un instant, j’ai quand même eu un doute.

 

La veille du XXe sommet européen, "Super" Mario Draghi en a profité pour nous présenter son premier discours en tant que nouveau pilote au volant de la BCE. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Mario "Goldman Sachs" Draghi n’a pas franchement rassuré la ménagère de moins 50 ans, ni les marchés. La baisse du principal taux directeur (à 1%), dans un environnement de faibles volumes échangés, a fait plonger les places boursières. Maintenant que Jean-Claude Trichet n’est plus là, on peut se poser des questions sur l’orientation future de l’action de la BCE.

 

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Jeudi matin, entre les croissants et le café, Standard & Poor’s récidive en plaçant le triple A de l’UE sous surveillance négative. Bon, forcément, à force de dégrader tout ce qui bouge, il ne reste plus grand-chose debout. Entre temps, Moody’s dégrade les notes de BNP-Paribas, Société Générale et Crédit Agricole. Dans le jeu "cap’ ou pas cap’ ?", on attend donc que Fitch réagisse la semaine prochaine. Personnellement, j’ai toujours beaucoup de mal à comprendre ces agences qui ont noté au top des produits totalement pourris (genre les subprimes) et qui, aujourd’hui, dégradent des pays comme l’Allemagne, une des économies les plus solides au monde, tout en laissant le triple A au Royaume Unis qui est complètement à la dérive …

 

Pour continuer sur ce genre de nouvelles rassurantes, La Tribune nous apprend que les collectivités locales ont accumulé 18,8 milliards d’euros d’emprunts toxiques et que l’Etat français est de nouveau venu au secours de Groupama. Il faut dire que les besoins en fonds propres pour les banques européennes sont estimés à 115 milliards d’euros d’ici juin 2012. Le mouvement de nationalisation des banques a été initié. Who’s next ? Ah et la BCE abaisse sa prévision de croissance pour la zone euro mais ça, ça ne surprend plus personne.

 

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Enfin LA news de la semaine, c’est bien sûr ce nouveau pacte sur le renforcement de la discipline budgétaire conclu par les pays de la zone euro et soutenu par l’ensemble de l’Union Européenne… moins le Royaume-Uni ! Sans s’attarder sur le fond du nouveau pacte, on peut juste s’amuser de voir combien le sens de l’humour de nos amis britanniques est subtil. En effet, David Cameron a simplement exigé que le Royaume-Uni soit exonéré de certaines réglementations financières. Don’t touch the City en somme. Les voilà donc exclus de l’UE, ce qui ne change pas grand-chose en soi. Le mot de la fin lui revient ceci dit lorsqu’il annonce qu’ "il s'agit d'une décision difficile mais bonne". Bonne pour qui, je vous laisse deviner…

 

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Beaucoup de rebondissements cette semaine. Je vous avoue ne plus trop savoir à quoi m’attendre désormais. Le season finale de Noël sera sûrement bon mais je sens que dès le 2 janvier, l’ambiance sera toute autre. Profitons-en d’ici là pour prier un miracle...

 

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Merci à Martin Vidberg, Holbert, Chappatte et Mix & Remix pour leurs dessins

 


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