Interview : Jérôme, directeur conformité

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Bonjour Jérôme. Merci d’avoir accepté cette interview. Pourriez-vous tout d’abord vous présenter à nos lecteurs ?

Jérôme, 48 ans dont 10 ans dans la Conformité, Directeur conformité au sein de la filiale française d'une grande banque internationale, spécialisé dans le trade finance.

 

Quels ont été vos parcours étudiant et professionnel ?

Je suis diplômé de l'ESSEC et un ancien élève de Sciences Po Paris. Côté professionnel, je dispose d'un parcours varié dans le contrôle des risques, la gestion de projet et d'équipes administratives au sein des plus grandes françaises.

 

Quelles sont vos missions au quotidien ? Une journée type en tant que directeur de la conformité ?

Le premier job, c'est de valider et jauger les risques des entrées en relations, de surveiller l'activité, notamment de flux au sens le plus large du terme. Il s'agit aussi d'assurer la veille réglementaire, la validation des nouveaux produits et/ou des opérations complexes et la formation des collaborateurs à la réglementation et à la lutte contre le blanchiment. Les relations avec l'AMF et l'ACP sont également de mon domaine de responsabilité.

 

Enfin il a du contrôle permanent de la conformité et beaucoup de reporting réglementaire.

 

La journée type n'existe pas, pas plus que le problème type ou la solution type. Il n'y a pas deux sujets identiques, c'est ce qui fait le charme de la fonction !

 

Pour celles et ceux qui les confondent, pourriez-vous présenter dans les grandes lignes l'audit interne et le contrôle interne ?

L'audit interne  correspond au contrôle de troisième niveau, de type inspection, détaché et indépendant de l'opérationnel. Il a un caractère périodique contrairement au contrôle interne qui, lui, est permanent, de 2ème niveau, plus proche des opérationnels.

 

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Question « basique » : quelles sont les qualités requises pour exercer le métier de directeur de la conformité ?

Elles sont nombreuses et variées : une appétence forte au réglementaire, un esprit synthétique et analytique en même temps, un peu de bon sens mais également de l'écoute et empathie, de l'éthique, une bonne culture générale et du sang froid ! Eh oui tout ca !!

 

Et niveau avantages / inconvénients de votre métier ?

La rémunération varie en fonction des établissements et de l'expérience. D'où des écarts très importants : de 50 à 140 K€ l'année.

 

Quelles sont les évolutions de carrière possibles de votre métier ?

Principalement, il est possible de progresser dans la fonction en interne (RCCI par exemple). En externe, le conseil est aussi une bonne alternative, surtout en ces temps de réglementation à outrance.

 

Comment évolue la profession ces dernières années et vers quoi se dirige-t-elle selon vous ?

Indéniablement, la fonction se complexifie et se professionnalise progressivement. Pourtant, et paradoxalement, elle  reste peu banalisée. D'où des profils assez rares, à la différence de Londres et New York.

 

Quelles sont vos relations avec les autres métiers de votre société ?

Je suis en contact quotidien avec l'ensemble des acteurs du front office : les commerciaux bien sûr mais également  les traders / sales. Sans oublier les membres de la direction générale de l'entreprise à laquelle je suis rattaché directement hiérarchiquement.

 

Enfin, quels sont vos conseils à celles et ceux qui souhaitent d'orienter vers ce métier ?

En avoir vraiment envie et se dire aussi qu'il faut aimer cela parce que ce n'est pas toujours facile !!

 

Un grand merci à vous pour toutes vos réponses

 

 


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