Jérôme Kerviel : mémoires d’un trader avant procès

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Un mois avant le début de son procès, Jérôme Kerviel sort mercredi « L’engrenage, mémoires d’un trader ». Un livre dans lequel le plus célèbre des traders français tente de décrire la réalité mais aussi les dérives du monde financier… et les siennes.

 

Jeudi 24 janvier 2008, Daniel Bouton (1) annonce que des investissements frauduleux de plusieurs dizaines de milliards d'euros ont été passés à la Société Générale. Symbole d’une crise financière sans précédent, c’est surtout la perte de près de 5 milliards d’euros par Jérôme Kerviel, jeune trader de la « SocGen », qui va marquer à jamais l’esprit du public. Accusé par sa banque comme seul responsable, il devient la cible de tous. Aujourd’hui, il contre-attaque avec son livre, « L’engrenage, mémoires d’un trader » (2).

 

kerviel memoires trader

 

«Ce livre rompt le silence auquel je suis astreint depuis deux ans, deux ans pendant lesquels mon nom a été traîné dans la boue», écrit Jérôme Kerviel. Dans son livre, il raconte sa vie quotidienne à la Société Générale, la réalité des salles de marché et du système financier. Puis l'affaire qui l'a rendu célèbre, l'instruction judiciaire et les 37 jours de détention qui ont suivi à la prison de la Santé. L'ancien trader reconnaît ses fautes mais ne compte pas assumer seul la responsabilité de ces actes qui étaient, selon lui, bien connus de sa hiérarchie.

 

«Je décris de l'intérieur la réalité des salles de marchés, le monde des traders, et le cynisme d'un système qui tire profit de ceux qui travaillent pour lui, quitte à les lâcher en cas de défaillance. Je souhaite que ce livre interpelle l'opinion publique sur la réalité des pratiques bancaires, qu'elle y découvre le témoignage d'un homme qui reconnaît ses fautes mais refuse de payer pour un système financier devenu fou. »

 

 

Hier soir, Jérôme Kerviel était l’invité du 20h de Laurent Delahousse sur France 2 :

 

 

 

 

« J'ai une part de responsabilité, mais je souhaiterais que les autres prennent la leur ; ce système ce n'est pas moi qui l'ai mis en place, et tout le monde en a profité. Et je veux pas être le seul à payer ». Bien évidemment, personne n’ose imaginer qu’une telle fraude puisse être l’œuvre d’une seule et unique personne. Quand bien même le contrôle de chaque opération financière relève de l’utopie pure et simple, il ne fait aucun doute que de telles positions n’ont pu rester cachées, ne serait-ce qu’à cause de leurs montants mais aussi de leur durée.

 

« J'étais dans un monde totalement irréel, totalement obnubilé par mon métier, dans un truc complètement virtuel ». Un aveu qui semble sincère mais qui pointe du doigt également la pression et le manque de réalisme de ces « cash machines » que sont les traders. Pour autant, Jérôme Kerviel a appelé l’ensemble de cette profession à venir le soutenir lors de son procès. Nous verrons si l’appel sera entendu ou pas.

 

Alors coupable ou victime ? La question divise. Et si la réalité se situait entre ces deux positions ? Quoi qu’il en soit, Jérôme Kerviel comparaîtra devant le Tribunal correctionnel de Paris du 8 au 23 juin 2010. Il sera jugé pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction de données frauduleuses dans un système informatique. Il risque cinq de prison et 375 000 euros d'amende.

 

(1) Président Directeur Général de la Société Générale au moment des faits.

 

(2) « L’engrenage : mémoires d’un trader », éditions Flammarion, sortie le 5 mai 2010, 19,90€ (prix conseillé).

 

Publié dans Marketing

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investissement bourse 01/11/2011 02:58


Wall Street a passé en forte baisse lundi, l'enthousiasm'originaire né de l'arête européen de la semaine décisive s'estompant parmi les investisseuse lequel s'interviewent ici non plus sur les
médianes de décider la crise du passif de la zone euro mais au-dessus à eux usage.aires demeurent un outil de trading vraiment conçu plusieurs traders privés comme institutionnels.


Nicolas BOISVILLIERS 14/06/2010 13:11


Dans cette situation, 2 cas de figure possibles :
- soit les supérieurs de J. Kerviel n'étaient effectivement pas au courant de ses positions : dans ce cas, défaillance de la hiérarchie, du back-office et du contrôle interne dans le cadre de leurs
missions,
- soit les supérieurs savaient ce qui se passait et n'ont réagi que lorsque la situation devenait difficilement dissimulable : dans ce cas, la hiérarchie est complice de ces agissements.

Quand bien même les plafonds autorisés pour les traders étaient évalués à la fin de chaque journée (et non intra day), difficile de cacher de telles sommes, surtout après plusieurs requêtes
d'autorités extérieures (allemandes notamment).

La question est donc de savoir si les juges sanctionneront un des plus grands groupes bancaires mondiaux, français de surcroit, et donc nuire à sa réputation, à sa santé... et aux pressions
politiques qui se jouent en coulisses.

Face à la justice, c'est chacun pour soi et Dieu pour tous.


barovin 14/06/2010 09:27


Procès KERVIEL : La societé générale tente de faire croire qu'elle n'était pas informée des activités de ses traders. Je vous rappelle que ce type a joué avec 50 milliards d'€uros. Si c'est
vraiment le cas, les dirigeants de la societé générale seraient des incapables qui ne méritent absolument pas leurs gros salaires, les goldens parachutes et leurs retraite chapeaux....En fait, je
crois que dans tous les cas de figure, ils ne les méritent pas. Il ne faudrait pas nous prendre pour des imbéciles.