L'ascension (trop ?) fulgurante des marchés

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Mercredi 14 octobre 2009, le Dow Jones repasse la barre des 10 000 points, niveau qu'il n'avait pas atteint depuis un an. Dans le même temps, l'indice phare de la bourse de Paris cloturait sa séance 3 882,67 points, soit une progression de 2,14%. Et il y a fort à parier que le seuil des 4 200 points sera atteint d'ici la fin de l'année.

Après un G20 peu concluant sur la question de la régulation des marchés (et notamment les fameux bonus des traders), les indices des différentes places boursières poursuivent leur ascension sur fond de regain d'optimisme général. Les remboursements successifs des prêts étatiques accordés aux banques (Crédit Agricole dernier en date) devraient favoriser le retour amorcé vers les niveaux d'équilibres, au vu des perspectives de bénéfices.

Pour autant, cette remontée suscite tant l'admiration que l'interrogation. Alors que beaucoup d'analystes s'attendaient à un été plutôt morose pour cause de consolidation, les cours n'ont pris aucunes vacances et ont poursuivi leur ascension contre toute attente. D'un autre côté, le chômage suivait la même tendance avec des chiffres de plus en plus désastreux (les 10% se profilant à l'horizon). Les marchés seraient-ils devenus imprévisibles ? Pas tant que ça. La menace d'une croissance en W n'est pas à exclure, conséquences du chômage et de l'endettement des Etats. Tout comme une crise monétaire : alors que les Etats ont la main lourde sur la planche à billets (le dollar et la livre en patissent lourdement), les investisseurs favorisent depuis plusieurs mois les fonds actions, aux dépens des fonds monétaires qui voient leurs performances et liquidités diminuer très fortement. De même, l'intégralité des actifs toxiques des banques et organismes financiers n'a pas encore été apurée.

Face à ce décalage entre l'économie réelle et l'économie de marché, les marchés peuvent cependant retrouver leur place face à la frilosité des banques concernant le crédit. Les entreprises se tournent en effet de plus en plus vers les actionnaires via les augmentations de capital et cela semble leur réussir. Les quinze mesures pour faciliter l'accès des PME aux marchés financiers vont en ce sens.

Publié dans Marchés boursiers

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