La relance prise à son propre jeu ?

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Finie la crise, place à la relance. Que dis-je, aux relances ! Car cela n'aura échappé à personne, les plans de relance se succèdent et... se ressemblent étrangement ! Pour autant, la relance (dans son terme générique) ne semble-t-elle pas prise à son propre jeu ? Deux pistes complémentaires peuvent servir de début d'analyse :

Le chômage et l'insuffisance des plans de relance
Qui veut voyager loin ménage sa monture. La gestion de la crise semble avoir éclipsé cet adage, laissant apparaître des doutes quant à une reprise stable et pérenne de notre économie. Afin de faire face à la montée en puissance du chômage, les Etats ont injecté des sommes considérables dans leur économie en espérant stopper le mouvement. Il apparaît cependant que les plans initiés par les divers gouvernements ne s'appuient que sur des mesures temporaires et donc aux effets limités, comme la prime à la casse (même si celle-ci sera reconduite en 2010).

Les derniers chiffres de l'emploi en France ne sont pas au beau fixe, le taux de chômage atteignant 9,1% pour le 2nd trimestre (+ 0,6 % sur trois mois). Et la tendance ne semble pas s'inverser (9,8% en septembre - source : Eurostat). L'augmentation du chômage, couplée à une reprise de l'inflation, devrait entraîner une diminution du revenu brut disponible des ménages et, par conséquent, peser sur la demande interne.

L'accroissement de la dette des états
Partout dans le monde les États se sont massivement endettés afin de porter haut et fort leur économie, faisant fi des alertes lancées ci et là des risques de faillite. La menace semble lointaine, elle est pourtant bien réelle (preuve en est l'Islande). Toujours dans l'Hexagone, le déficit budgétaire pour l'année 2010 s'élève à 8,5% du PIB. Autant dire que les 3% préconisés par le Pacte de stabilité de Bruxelles semblent déjà loin. Car quand bien même le déficit représentera un tiers du budget total de la France en 2010, il apparaîtrait bien incongru de sanctionner les états déjà en proie à de graves difficultés.

Ces deux succincts développements suffisent à mettre en avant l'emprisonnement des États dans leur propre dette : le chômage les privant de nombreuses recettes fiscales, ils ne pourront réduire leurs dépenses sous peine de récession tant que celui-ci n'amorce une résorption. D'un autre côté, l'augmentation des taux d'intérêt à long terme (liée aux déficits croissants) risquera de peser sur le coût du crédit et de freiner la croissance. La reprise, prise à son propre jeu : l'ouroboros en marche ?

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