Union Européenne : vers un effondrement de la zone euro ?

Publié le par Nicolas BOISVILLIERS

Le ralentissement de l’économie américaine est devenu ces dernières semaines le centre de toutes les attentions. L’ère de la crise grecque semble bien loin désormais. Et pourtant, contrairement à beaucoup d’entre nous, celle-ci n’a pas pris de vacances et se montre très résistante. Faut-il y voir les prémisses d’un effondrement de la zone euro ?

 

Le temps angoissant des plans de sauvetages et accords européens sur la question grecque avait apparemment touché à sa fin. A grands coups d’annonces, l’Union Européenne et le Fonds Monétaire International (FMI) avaient finalement réussi à débloquer pas moins de 110 milliards d’euros afin d’enrayer la hausse continue des taux d’intérêts des obligations du pays. L’été s’installant conjointement avec le ralentissement économique aux Etats-Unis, on aurait tendance à croire que la crise en Grèce ne relève plus que du mauvais souvenir. Bien loin s’en faut, malheureusement.

 

Plusieurs constats sont à noter. Tout d’abord, la dégradation de la note souveraine de l’Irlande mercredi dernier par l’agence Standard & Poor’s (passant de « AA » à « AA- »). Une annonce relativement surprenante, le pays figurant parmi les bons élèves de l’Union Européenne (plan de rigueur très stricte, avec notamment des hausses d’impôts). La faute à qui ? Aux banques, encore une fois : face à une bulle immobilière importante, ces dernières se montrent très malades. Au point de devoir provisionner 50 milliards d’euros pour une des plus grandes banques du pays (Anglo Irish Bank), somme doublée par rapport aux prévisions et qui pèsera, bien entendu, sur le contribuable irlandais. La question est donc entière : l’Irlande arrivera-t-elle à rembourser son déficit public estimé à hauteur de 20% du PIB suite à ces renflouements ? Et plus largement, doit-on craindre de tels scénarios dans d’autres pays d’Europe ?

 

Autre constat : l’instauration d’une Europe à 2 vitesses en termes de taux des obligations d’Etat. D’un côté, les taux des obligations allemandes et britanniques ont chuté de 0,25% en l’espace d’une semaine suite à des vagues d’achats successives. De l’autre, des taux qui augmentent à n’en plus finir, en particulier sur le court terme. Il est clair qu’une crise de confiance s’est durablement instaurée au sein de l’Union Européenne entre la France, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg et les PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne).

 

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Malgré le plan d’aide de 750 milliards d’euros en faveur du Portugal, de la Grèce, de l’Irlande et de l’Espagne, les investisseurs internationaux n’ont plus du tout confiance en ces pays. Leurs taux d’intérêt remontent en flèche, obligeant ces quatre Etats à emprunter à des taux d’intérêt de plus en plus élevés. La Banque Centrale Européenne intervient massivement sur le marché secondaire en rachetant leur obligations d’Etat mais en vain, les taux grimpant de plus belle.

 

Parlons chiffres : aujourd’hui, le taux de rémunération des obligations grecques à 2 ans est de 11,5% et celui à 10 ans est de… 11,4% !!! En d’autres termes, si la Grèce veut emprunter, que ce soit sur 2 ou 10 ans, elle sera soumise au même taux d’intérêt ! Après avoir déboursé plusieurs centaines de milliards d’euros, quel pays ou institution voudra porter secours à la Grèce ? Aucun, au risque de voir son déficit public augmenter en même temps que le mécontentement de son peuple. Et, surtout, au risque de voir sa note dégradée par les agences de notation américaines toutes puissantes. Face à cette situation insoutenable, la Grèce pourrait entrer en défaut de paiement.

 

Quels scénarios pour demain ?

 

Bien évidemment, il s’agit là d’un scénario noir très pessimiste. Quand bien même cette hypothèse ne peut en aucun cas être écartée, il convient d’analyser toutes les issues possibles. Néanmoins, il n’est pas incongru de parler de perte de maitrise dans la gestion de la dette publique pour certains pays de l’Union Européenne. D’après les prévisions du FMI, la dette publique des Etats en 2014 sera de :

- Pays-Bas :80,9 % du PIB

- Allemagne : 91,4 % du PIB

- France : 95,5 % du PIB

- Royaume-Uni : 99,7 % du PIB

- Italie : 132,2 % du PIB

- Grèce : 133,7 % du PIB

- Irlande : 113% du PIB en 2012 suite au renflouement d’Anglo Irish Bank !

 

La fracture est bien présente. Et elle va s’accentuer si aucune mesure n’est prise. Mais que faire ? Bon nombre de pays ont instauré des plans de rigueur, haussant les impôts et baissant les prestations sociales et traitements des fonctionnaires. Le rééquilibrage des comptes publics demandera des années là où la logique des marchés exige des résultats immédiats. Les pays de l’Union Européenne peuvent-ils pour autant se passer des marchés ? Assurément non puisque ce sont eux les principaux prêteurs.

 

Que faire pour lutter contre la spéculation sur l’état de santé des pays de l’UE ? L’idée de créer un organisme européen qui emprunterait au nom de l’Union me parait intéressante. Les états membres emprunteraient auprès de cet organisme, supprimant ainsi toute asymétrie entre états. De même, les pays ne seraient plus à la merci des agences de notation, celles devant noter l’UE dans son ensemble et non chaque état. Mais ce serait un nouvel abandon de souveraineté pour les pays de la zone euro : en déléguant le pouvoir d’emprunter directement sur les marchés, les états refuseraient le droit de lever unilatéralement et indépendamment de l’argent sur les marchés financiers mais seraient aussi soumis au bon vouloir de cet organisme qui déciderait, ou non, de prêter de l’argent. Un tel projet nécessiterait cependant davantage une union politique et monétaire qu’économique, ce qui fait défaut à l’UE depuis ses origines.

 

En temps de crise, la raison d’état et l’égoïsme national reprennent leurs « droits » au détriment d’une solidarité d’apparat.

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Ici surprises de taille ...!!! Alors vite CLIC...!!!! 29/08/2010 09:31


Coucou ....

Comment-vas..je profitte de ce Dimanche calme où je ne travaille pas (pour une fois) pour venir te faire un coucou....

Au fait cette semaine je passe a la télévision au journal de TF1 de 13h...

On va parler de mes taille-crayon.........

Pour la rentrée....

Chaque jours le journal parle d'un collectionneur d'objet d'école...

Bisous bon domanche......

Loren't......................